Enseignement supérieur: voici les défis qui attendent le nouveau ministre (Par N’fa Cissé)

calb21376a_jpgRessources humaines, cahier de charge léger pour création d’Universités privées, filières de formation non adaptées au marché de l’emploi et au plan de développement de la Guinée. Voici les défis qui attendent le nouveau ministre…

En désignant Abdoulaye Yéro Baldé, un de ses hommes de confiance comme Ministre de l’Enseignent Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Président de la République montre son attachement à une formation de qualité pour que les ressources humaines guinéennes de demain soient compétentes et capables de soutenir la concurrence dans un monde du travail de plus en plus ouvert. En se référant au rythme que suit le chemin emprunté par l’enseignement ces quinze dernières années, l’objectif de compétitivité et de qualification des cadres Guinéens peut ranger aux calendres grecques.

Le fait que des cadres, surtout Directeurs nationaux, Recteurs et Conseillers se sont lancés avec ou sans le concours d’opérateurs économiques dans la création d’universités et instituts supérieurs privés, le niveau de formation dans les universités et instituts d’enseignement public en a pris un grand coup de froid. Dès ces instants, l’état a été moins présent dans l’ouverture de salles, l’agrandissement des institutions existantes et la création de nouvelles pour faire face à l’arrivée de plus en plus croissante de nouveaux bacheliers

Du coup, on a assisté à une pléthore d’effectifs dans les salles, car dans la décennie 2000-2010, à part une ou deux universités privées, on ne faisait pas confiance à l’enseignement privé et à juste titre. Aujourd’hui, les universités foisonnent comme des champignons. Quiconque, ne serait-ce que s’il a une parcelle et des moyens financiers, peut se targuer d’être un fondateur d’école d’enseignement supérieur privé ; aucune restriction. On ouvre une université comme on crée une entreprise de vente de pièces détachées ou de produits de consommation. Bien sûr que de gros sous sont en jeu car le « fondateur » ou le « prête nom » peut compter sur son protecteur au MESRS, à la Présidence ou au Ministère des Finances. Selon les chiffres qui circulent, il résulte que plus des 75% des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur privé sont des boursiers de l’état guinéen. Qu’adviendra-t-il de ces établissements si l’état décidait de ne plus orienter vers le Privé ? Cette situation prouve à suffisance que la création est liée à l’intérêt financé et non à la volonté de formation.

L’Enseignement privé partout dans le monde est généralement réservé aux classes sociales aisées. Et à notre niveau, nous avons accueilli favorablement les toutes premières universités privées car elles reflétaient vraiment les meilleures dans la formation. Ce n’est pas le cas aujourd’hui ; présentement c’est un four-(tout où se côtoient dans les salles de classe pour dispenser des cours Docteurs et Licenciés fraichement diplômés

Cette utilisation d »enseignants n’ayant pas la formation nécessaire ne se pratique que dans l’Enseignement Privé, elle est même lésion dans le public. Là, les professeurs titulaires pressés d’aller arrondir leur fin de mois dans le Privé y laissent à la guise de leur « assistant » généralement mal formé et rarement titulaire de plus que la Licence le soin de dispenser les cours.

Une autre question à laquelle le nouveau ministre doit s’atteler à apporter une réponse et à la résoudre : pourquoi l’université guinéenne ne forme dans sa majorité que des chômeurs ? , des diplômés incapables de soutenir la concurrence dans les appels à candidature pour obtenir un emploi face à des candidats de la sous-région

Beaucoup de reformes se doivent pour relever tous ces défis

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