Mamadou Sylla, le député qui nargue la justice, manipule l’opinion et…se victimise!

MAMADOU-SYLLA-UDG-20150825-1Mamadou Sylla, patron de Futurelec ressemble, à s’y méprendre, à ce personnage de « Les Soleils des indépendances » de Ahmadou Kourouma. Fama, c’est son nom, prince malinké, élevé pour préférer l’or à l’or se retrouve soudainement dans un autre régime où il faut travailler pour vivre. Il passe donc d’un espace à un autre à la recherche d’un équilibre qu’il ne trouvera pas. Fama, pour se consoler dévient insolent, rebelle.

 

Comme Fama, Mamadou Sylla était un prince pendant le régime de Lansana Conté. Il avait le pouvoir de faire et de défaire les ministres. Sa justice était la justice. On se rappelle du cas de Alex Camara, un de ses employés qu’il avait fait emprisonner sans suffisamment de preuves de sa culpabilité. Bref c’était le « petit président » de la Guinée. Et vint le régime d’Alpha Condé.

Comme Fama, le personnage cité haut, Mamadou Sylla quitte le « Palais » avec tous ses privilèges. Il est mis sur le même pied que les autres opérateurs économiques. Une situation, humainement difficile à supporter. Lui qui refuse de croire que les temps ont changé, pense toujours être le patron des patrons qui pouvait tout se permettre. Et quand on lui oppose la réalité, il charge ses mots, crie à la ‘‘complotite’’, devient hargneux.

Le dernier acte de ce comportement s’est révélé le week-end dernier. Mamadou Sylla en conflit avec un certain Sékou Cissé fait appel d’un jugement rendu en faveur de celui-ci. La Cour d’Appel décide de surseoir au congrès convoqué par Mamadou Sylla en attendant de trancher. L’homme de Dixinn Bôra se croyant encore dans le régime de Lansana Conté nargue la justice et fait son congrès.

Le gouvernement guinéen décide d’appliquer la décision de justice en déclarant « nul et à effet nul » le congrès. Mamadou Sylla crie à l’immixtion du gouvernement dans une affaire patronale ; dit en plus qu’il n’était pas au courant de la décision de justice. Et enfin, dit qu’il est victime de machination.

Mais voyons les accusations du sieur Sylla et comparons-les aux faits.

De l’immixtion du gouvernement dans une affaire de syndicats de patrons. Le fait qui oppose Mamadou Sylla à Sékou Cissé dépasse le cadre stricte du patronat. Il s’agit de voir si un député peut être à la tête d’une structure comme le patronat ? La loi dit non. Et ce n’est pas une structure patronale qui doit imposer cette loi à quelqu’un qui refuse de la comprendre. Mais la justice quand elle est saisie, comme c’est le cas. D’ailleurs Mamadou Sylla qui s’est attaché les services d’un avocat dans cette affaire et qui a fait appel du jugement en première instance acceptait tacitement que le différend soit jugé par un tribunal. C’est quand la décision de surseoir au congrès lui est imposé qu’il se rappelle que l’affaire est strictement patronale.

 

Le Fama de Dixinn Bora dit qu’il n’a pas été mis au courant de la décision de justice, son avocat aussi. Cependant la veille du congrès, son avocat, Me Sékou Koundiano, déclarait à mediaguinee ceci : « le congrès n’a pas  été annulé et personne ne peut annuler le congrès. Parce que le juge n’est pas même saisi de ça. Il y a juste eu une prorogation de la date à laquelle la décision devrait être rendue.»

En réalité la prorogation dont parle l’avocat est sur la même décision qui demande de surseoir au congrès. Alors question. Comment a-t-il pu voir la prorogation et non le sursis pourtant sur le même acte? D’ailleurs l’avocat ne répondait-il pas à une question liée au sursis du congrès?

Enfin le gouvernement doit-il faire appliquer la décision de justice ? Pour la réponse, nous avons jugé utile de rappeler le serment pris par le chef de l’Etat lors de l’investiture: «Moi Alpha Condé, Président de la République élu conformément aux lois, je jure devant le Peuple de Guinée et sur mon honneur de respecter et de faire respecter scrupuleusement les dispositions de la Constitution, des lois et des décisions de justice, de défendre les Institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale. En cas de parjure que je subisse les rigueurs de la loi.»

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