BILLET :ÉLECTIONS COMMUNALES ET COMMUNAUTAIRES EN GUINÉE

1A1F18E3-BF8C-4048-889B-3897802D3D36« La place de l’argent dans la vie politique guinéenne »

Guinéennes , guinéens , mes chers compatriotes,

Aujourd’hui, tout le monde est unanime à reconnaître la place de plus en plus importante que prend l’argent dans notre société et plus encore dans notre vie politique au point où l’argent n’est plus un moyen, il est devenu une fin. Non pas qu’il faille être naïf, voire idéaliste et utopique et de penser que l’on peut faire de la politique sans argent ; loin s’en faut, ce n’est possible nulle part au monde. Mais la perversité de l’argent dans notre système politique réside dans le fait que la crédibilité d’une candidature est désormais uniquement proportionnelle à la richesse financière du candidat ; plus le candidat est riche, réellement ou supposément, plus sa candidature est crédible. C’est vraiment dommages pour un pays
qui veut se développer dans un bref délai. Dans ces conditions, les candidats en eux-mêmes, ainsi que les idées qu’ils incarnent et véhiculent n’intéressent personne ; seul leur argent intéresse . C’est encore plus pathétique pour notre pays la Guinée, nous n’avons plus besoin de programme de société du candidat en face ni sa capacité de géré nos communes sans aucun niveau, pas d’expérience en gestion,
On se foutent vraiment à notre intelligence. Nous choisissons nos élus par appartenance ethnique, par amour familiale, par connaissance tout sauf par capacité et mérite.
Cela m’amène à dire que LE CONSENSUS est mieux pour nous dans les élections dans tous les niveaux.
Finalement nous attendons un résultat positif des candidats choisis par affinité et il sera attendu d’eux qu’ils réalisent ce que l’on devrait attendre de l’Etat à savoir la construction des routes, des écoles, des ponceaux et autres bien que Oui ce sont les rôles d’un MAIRE qui sait faire son travail mais pas celui qui ne connaît même pas ses prérogatives.

Tel est le résultat pervers du système démocratique que nous avons construit depuis 1998 et qui est censé avoir servi de modèle à toute l’Afrique noire francophone.

Les deux messages simples que je veux faire passer à travers ce billet, c’est, d’une part, qu’un candidat à une élection n’est pas candidat pour gérer sa propre fortune mais bien un candidat pour gérer les affaires politiques, sociales, culturelles et économiques de toute la communauté nationale et, d’autre part, qu’un candidat n’est jamais assez riche tout seul pour prendre en charge toutes les dépenses inhérentes à une élection .Nous devrions mettre en tête peu importe donc que le candidat soit le plus riche ou le moins riche, ce qui importe, ce sont ses aptitudes intellectuelles, son intégrité morale et son expérience professionnelle. Mais si nous en sommes arrivés là, c’est pour l’essentiel à cause, d’une part, du non-financement public des partis politiques (i) et, d’autre part, de l’affaiblissement des partis politiques (ii) ainsi que l’émergence de la grande corruption qui en ont résulté de facto (iii).

(i) En ce qui concerne le non-financement public de la vie politique, il faut rappeler dans les années, lorsque se réunissait la conférence nationale sur fond de crise économique et sociale, avec un État en faillite qui cumulait plus de quelques mois d’arriérés de salaires, personne n’avait osé évoquer la question du financement public des partis politiques car c’eût été indécent et illégitime. Or, il tombe sous le coup du bon sens que la vie démocratique d’un pays doit être financée par de l’argent public.Mais à défaut d’un financement public, et puisque la nature a horreur du vide, on a assisté à une privatisation de ce financement. Quand ce ne sont pas les Présidents fondateurs qui financent leurs propres partis, ce sont leurs amis « opérateurs économiques » qui les y aident. Cela s’observe encore plus durant les élections, qu’il s’agisse des élections présidentielles, législatives, municipales, communales et locales dont le financement est entièrement à la charge des partenaires privés, même si juridiquement, une partie des frais de campagne des élections présidentielles est remboursée sous certaines conditions. Il découle de cette situation que les « opérateurs économiques » préfèrent soutenir des candidats seuls, c’est-à-dire des candidats sans partis, parce que les négociations sur les termes de l’échange leur sont plus faciles. En effet, il leur est plus facile de manipuler un homme seul, plutôt que l’appareil bien rodé d’un parti. C’est sans doute, ; c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles, depuis cette date, aucun Président de la République, n’a jamais rien fait pour régler cette question : ils ignorent tout, des avantages pour une démocratie,des partis politiques.

(ii) En ce qui concerne l’affaiblissement des partis politiques, il se traduit par une tendance à la privatisation et à la réduction de son rayon d’action. En effet, la privatisation du financement des partis politiques entraîne la privatisation des partis politiques.Ils sont gérés comme de petites entreprises familiales en fonction de l’humeur du président fondateur ; sa seule volonté prime sur les statuts et règlements généraux du parti. Dans leur fonction d’investiture des candidats aux différentes élections, les partis politiques vendent leur label contre des espèces sonnantes et trébuchantes et la succession des responsables se fait au mieux des intérêts .
Peuple de Guinée
Mes chers compatriotes, avec le slogan l’avenir appartient à cette jeunesse ,essayons de prendre notre destin en main afin d’éviter de voter par affinité ,choisissons nos élus par mérite pour qu’ils puissent nous servir bien, nous avons besoin d’une réforme, d’une refondation avec une élite compétente .
Jeunes de Guinée,
Chers compatriotes choisissons nos élus dans les urnes par mérite je vous en prie.

Vive une jeunesse intelligente.

Je vous remercie.

Par Sheick Omar Finando analyste politique et activiste nationaliste.

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