Macron décrète « l’état d’urgence économique »

Emmanuel Macron a annoncé entre autres une hausse de 100 euros par mois du smic et l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2 000 euros.

– Macron veut « rassembler » pour « réussir »

Emmanuel Macron ira « rencontrer les maires, région par région » pour bâtir le socle d’un « nouveau contrat pour la nation », estimant qu’il faut aborder « toutes les questions essentielles », liées notamment à une meilleure représentation des courants d’opinion ou à la prise en compte du vote blanc. « Pour réussir, nous devons nous rassembler et aborder ensemble toutes les questions essentielles à la nation », a déclaré le chef de l’État lors de son allocution télévisée, évoquant notamment « la possibilité de voir les courants d’opinion mieux entendus dans leur diversité », mais aussi « la prise en compte du vote blanc, et même que soient admis à participer au débat des citoyens n’appartenant pas à des partis ». Dans le cadre de ce débat, « je rencontrerai moi-même les maires de France, région par région », a-t-il ajouté.

– L’effort demandé aux retraités « était trop important et n’était pas juste »

« Pour ceux qui touchent moins de 2 000 euros par mois, nous annulerons en 2019 la hausse de la CSG subie cette année. L’effort qui leur a été demandé était trop important et n’était pas juste », a-t-il dit. Jusque-là, seuls les retraités gagnant moins de 1 200 euros environ étaient exemptés. En avril 2018, interrogé sur TF1, Emmanuel Macron avait remercié les retraité pour cet « effort », en assurant qu’il n’avait « jamais pris un retraité pour un portefeuille ».

« Il n’y aura pas de recul » sur l’ISF

Dans son discours de 13 minutes, Emmanuel Macron a assuré qu’il « n’y aura pas de recul » concernant l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). « Revenir en arrière nous affaiblirait », a-t-il dit tout en rappelant sa volonté de lutter contre l’évasion fiscale et de mieux maîtriser les dépenses publiques.

– « Mon seul combat, c’est vous »

« Nous ne reprendrons par le cours normal de nos vies, comme trop souvent par le passé lors de crises semblables (…) », a conclu Emmanuel Macron. « Nous sommes à un moment historique pour notre pays. Par le dialogue, le respect, l’engagement, nous réussirons. Nous sommes à la tâche et je reviendrai m’exprimer devant vous pour en rendre compte. Mon seul souci, c’est vous, mon seul combat, c’est pour vous. Notre seule bataille, c’est pour la France. »

– Hausse du smic, défiscalisation des heures supplémentaires… Les annonces d’Emmanuel Macron

Le chef de l’État a demandé au gouvernement et au Parlement de prendre des mesures d’urgence qu’il a listées :
– « le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros dès 2019 »;
– « les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges dès 2019 »;
– « je demanderai à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin année à leurs employés »;
– « pour les retraités qui touchent moins de 2 000 euros par mois, nous annulerons l’augmentation de la CSG ».

– « J’ai pu blesser certains d’entre vous par mes propos »

Au début des violences, « je n’oublie pas qu’il y a une colère, une indignation », a admis Emmanuel Macron. « Cette indignation, beaucoup d’entre nous, beaucoup de Français peuvent la partager. » Et de faire son mea culpa : « Leur détresse ne date pas d’hier, mais nous avions fini lâchement par nous y habituer. (…). Cela vient de très loin, mais c’est là, maintenant. Sans doute n’avons nous pas su y apporter une réponse suffisamment rapide et forte. J’ai pu donner le sentiment que ce n’était pas mon souci, que ce n’était pas ma priorité. J’ai pu blesser certains d’entre vous par mes propos. »

– Emmanuel Macron : « Ces violences ne bénéficieront d’aucune indulgence »

En guise d’introduction, Emmanuel Macron s’attaque aux violences qui ont émaillé la plupart des rassemblements des Gilets jaunes récemment. « Je veux vous le dire d’emblée : ces violences ne bénéficieront d’aucune indulgence. (…) Aucune colère ne justifie qu’on s’en prenne à un gendarme, à un policier », a-t-il déclaré avant d’assurer : « j’ai donné en ce sens au gouvernement les instructions les plus rigoureuses ».

– 4 523 interpellations depuis le 17 novembre

Les forces de l’ordre ont effectué 4 523 interpellations sur tout le territoire depuis l’acte I du mouvement des Gilets jaunes le 17 novembre, a-t-on appris lundi de sources policières. Ces interpellations ont donné lieu à 4 099 gardes à vue. Pour la seule journée de samedi dernier, acte IV de cette mobilisation inédite, près de 2 000 personnes ont été interpellées, un chiffre record, dont 1 709 ont été placées en garde à vue.

Avant les annonces de Macron, le monde HLM redemande d’annuler la baisse des APL

Le monde HLM a redemandé lundi d’annuler la baisse des aides au logement (APL) menée depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, quelques heures avant que le chef de l’État n’annonce des mesures en réponse à la fronde des Gilets jaunes. « La baisse des APL, dans un pays qui connaît une précarisation croissante, était une erreur », juge dans un communiqué Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale de l’habitat (USH), confédération des bailleurs sociaux. À l’été 2017, les premiers temps du quinquennat avaient été marqués par la décision d’abaisser de 5 euros par mois les APL.

– La réforme des retraites suspendue

Crise des Gilets jaunes oblige, les séances de concertation sur la réforme des retraites prévues fin décembre ont été reportées à janvier, sans conséquence à ce stade sur le calendrier ni l’objectif d’un système « universel ». C’est un simple « décalage de quinze jours », certainement « pas une remise en cause de la réforme ni du calendrier », assure l’entourage de Jean-Paul Delevoye. Le Haut Commissaire à la réforme des retraites avait prévu d’aborder les « conditions d’ouverture des droits et carrières longues » durant la semaine du 17 décembre.

– Macron reporte son discours sur la fonction publique

Le discours d’Emmanuel Macron prévu mercredi 12 décembre sur la fonction publique et la réforme de l’État est reporté « en début d’année prochaine », a-t-on appris lundi 10 décembre auprès de l’Élysée et de Matignon. « Les événements que connaît actuellement notre pays nous conduisent à reporter la convention des managers pour la transformation de l’action publique à laquelle le président de la République et moi-même avions souhaité vous convier ce mercredi », écrit Édouard Philippe dans un courriel aux quelque 1 800 invités.

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« Je sais qu’il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos », a expliqué le président de la République dans son allocution, amorçant un mea culpa.

Par (avec AFP)

Modifié le – Publié le | Le Point.fr

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