Paris : Bakary Diabaté, intronisé président de ‘’Djéli tomba’’ en présence de plusieurs vedettes de la musique guinéenne

La capitale Française a vibré hier samedi nuit au rythme de la société Mandingue, à travers un grand « SOUMOU », organisé par les griots de la Guinée à l’occasion de l’intronisation de leur président, Bakary Diabaté à la tête des griots de la France et de l’Europe.

Un rendez-vous qui mobilisé toute la communauté Guinéenne et des grandes vedettes de notre pays comme Sekouba Bambino Diabaté, Mory Kanté qui est d’ailleurs à Paris pour l’obtention d’un prix, M’Balou Kanté, Nawassa Soumano, le fils prodige de la musique pastorale Guinéenne Doura Barry, Siaka Kouyaté de Niagassola de la famille Dokala, le grand parolier de la Guinée qui est  d’ailleurs le porte-parole de la dite association des griots ( Djeli Tomba) N’faly Franwalia Kamissoko connu sous le sobriquet « le vrai » et Lanfia Dambakanté Diabaté, isssu des griots Djakankés.

On pouvait également constater dans la salle, la présence des griots du Mali voisin, venu en grand nombre pour apporter leur soutien à leurs frères et sœurs de la Guinée. Une soirée coordonnée par l’opérateur culturel Lamine Diya Dioubaté, président de la structure DIYA Production.

D’entrée de jeu, les chansons légendaires de la société mandingue, ont été entonnées pour un rappel aux ascendants des rois et héros qui se sont succédé à la tête de l’empire Sosso et celle du Mali, entre autre Soumaoro Kanté, Soundjata KEITA, Troumagan Traoré, jusqu’à l’Almamy Samory Touré et son demi-frère Kèmè Bourema.

Tour à tour, les vedettes guinéennes se sont partagées la scène, dans une atmosphère culturelle très rare, pour dire aux gens le rôle dédié aux griots dans notre société et les charges qui attendent désormais le nouveau président Bakary Diabaté, issu d’une grande famille griotte de Kouroussa et Nawassa Soumano, qui est désormais la présidente des femmes griottes.

C’est N’faly Faranwalia Kamissoko qui a eu l’insigne honneur de coordonner l’intronisation du président Bakary Diabaté, dans son fauteuil avant de lui rappeler les charges qui sont désormais les siennes, au sein de la communauté guinéenne, dans toute sa diversité ethnique et sociale…

Il a rappelé aux uns et autres l’histoire de la caste des griots depuis le temps du prophète Mohammet (paix et salut sur lui).

Pour rappel

La caste des griots est née puis s’est développée dans un contexte où l’écriture était inexistante.

Le griot est ainsi considéré comme étant notamment le dépositaire de la tradition orale. Les familles griotiques peuvent être spécialisées en histoire du pays et en généalogie, en art oratoire, en pratique musicale, ou pratique des trois, en fonction de l’habileté de chaque griot.

Les principaux groupes de griots ou communicateurs traditionnels sont appelés Djéli en pays mandingue, guéwël en pays wolof et gawlo chez les Toucouleurs.

Le conteur-anthropologue sénégalais Cheick Tidiane Sow, dans son hommage à Pierre Dewitte, n’hésite pas à qualifier le griot de dépositaire de notre histoire.

Naissance d’un empire

L’Empire mandingue s’étendait, à son apogée au milieu du XIII ème siècle, de l’Afrique occidentale, le berceau étant en Guinée, du sud du Sénégal aux frontières du Tchad à l’est, englobant l’actuel Mali, une partie de l’actuel Burkina Faso, le nord de la Côte d’Ivoire et du Ghana.

Son apogée correspond au règne de l’empereur Soundjata Keïta dont les glorieux exploits ne cessent d’être commémorés encore de nos jours.

Naré Maghann Konaté, à sa mort, avait offert à son fils Soundjata que la prédiction des chasseurs-sorciers annonçait comme futur chef de l’Empire, un griot, Balla Fasséké, qui devait lui servir de soutien et l’accompagner dans son règne.

Balla Fasséké, le griot de Soundiata Keita donna naissance à la lignée des griots Kouyaté dont l’activité se poursuit encore de nos jours.

Paris Moussa Tatakourou Diawara

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