Front national pour la défense de la Constitution : un combat voué à l’échec ?

Front national pour la défense de la Constitution : un combat voué à l’échec ?

Il y a quelques semaines, des activistes de la société civile et des opposants au régime du Professeur Alpha CONDE se sont retrouvés à Conakry pour porter sur les fonts baptismaux le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Dans leur déclaration, ils se sont tous dits résolument engagés pour faire barrage à tout projet de nouvelle constitution ou de 3ème mandat.  Une façon pour eux de se poser en défenseurs attitrés  de notre sacro-sainte Constitution qu’ils croient intouchable pour quelque motif que ce soit.

Mais en s’intéressant à la personnalité, au passé et à l’agenda caché des membres dudit Front, l’on ne peut s’empêcher, en tant qu’observateur averti, de miser sur son échec cuisant dans les semaines et les mois à venir. Jugez-en…

C’est un secret de polichinelle, Abdourahamane SANO de la PCUD, pour des raisons qui lui sont propres, n’a jamais porté l’actuel chef de l’Etat dans son cœur. Selon des sources fiables, c’est lui qui aurait tiré et continuerait de tirer les ficelles dans la crise sans fin qui secoue l’Ecole guinéenne. C’est l’homme qui murmurerait en fait à l’oreille du syndicaliste Aboubacar Soumah qui, selon ses détracteurs, a tendance aujourd’hui à faire du SLECG sa propriété privée. Dans une récente sortie au siège du RPG Arc-en-ciel, le chef de l’Etat en personne, avec le franc-parler qu’on lui connaît, a clairement pointé du doigt Abdourahamane SANO qui, à ses yeux, s’est distingué ces derniers temps par ses agissements subversifs pour déstabiliser, en vain, son régime.

Sékou Koundouno de la Cellule Balai Citoyen vient, lui,  d’être littéralement rappelé à l’ordre par un communicant du parti au pouvoir qui, dans une interview accordée au site Guineematin, l’a accusé d’avoir appartenu en 2009 au fameux mouvement ‘’Dadis doit rester’’. Un mouvement qui s’est battu bec et ongles pour que le chef de la junte reste au pouvoir, foulant au pied sa promesse de rendre les rênes du pays aux civils après une période de transition. Même s’il nie ce soutien, cette faute  rédhibitoire pour quelqu’un qui veut à tout prix se faire passer pour un ‘’modèle’’, Sékou Koundouno aura désormais du mal à donner des leçons à qui que ce soit dans ce pays en matière de promotion de l’alternance démocratique.

Quant à Cellou Dalein Diallo de l’UFDG et à Sidya Touré de l’UFR, ils sont naturellement dans leur rôle d’opposants dont le rêve légitime est d’occuper un jour, à l’issue d’élections démocratiques, le fauteuil présidentiel. Mais, en tant qu’anciens Premiers ministres de feu Lansana Conté, ces deux figures de proue de l’opposition guinéenne devraient quelque peu être gênées aux entournures en abordant la question relative à la promotion de l’alternance démocratique dans notre pays. Sidya Touré, on le sait, est sorti  par la petite porte de l’histoire depuis qu’il a scandé au palais du peuple son mémorable slogan ‘’Ton pied mon pied’’ par marquer son soutien indéfectible au général Lansana Conté dont la gestion, à l’époque, était unanimement décriée par ses compatriotes. Quelque temps plus tard, ce fut au tour de Cellou Dalein Diallo, alors inamovible ministre dans le gouvernement guinéen, de s’être illustré comme grand promoteur de la modification de la Constitution. La suite, on la connaît. Alors, qu’on ne prenne pas les Guinéens pour des amnésiques ! Le FNDC porte déjà les germes de son implosion et mourra de sa belle mort. Ce n’est qu’une question de semaines ou de mois !

IBRAHIMA  SORY  CISSE

 

 

 

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