Tribune. La LONAGUI veut-elle mettre la main sur PMU ?

Depuis un mois, tout-Conakry ne parle que de l’affaire PMU. Le 3 juin (la veille de l’Aïd el Fitr !) PMU-WINIYA, a reçu un courrier de la part de la LONAGUI, les informant tout bonnement de la reprise de leur activité sous la bannière LONAGUI à partir du 4 août !!

L’inélégance du geste, laisse un goût amer aux employés de PMU-WINIYA, qui ont certainement connu mieux comme cadeau pour la Fête…

Le contexte : PMU-WINIYA, est une société privée de droit Guinéen qui opère les paris hippiques en Guinée depuis 2009 (10 ans). Elle emploie 153 personnes (des guinéens) disposant de CDI, ainsi que 1030 vendeurs contractuels sur le terrain.

Reprenant en 2009 tous les anciens travailleurs du feu PMU+ (fermé en 2006 pour mauvaise gestion laissant tous ses travailleurs sur le carreau sans revenus pendant 3 ans), PMU-WINIYA, a effectué un travail de redressement considérable au cours de ces 10 ans.

Le PMU en Guinée aujourd’hui n’a rien à envier aux PMU des autres pays, obtenant même une certification ISO-9001, une première en Guinée dans ce secteur d’activité. La LONAGUI ne servant jusqu’à présent que d’autorité de régulation.

En termes de gains pour l’Etat : PMU-WINIYA a versé 27.5 Milliards FG pour le seul exercice 2018 ! (Les 27.5 Milliards ont été répartis comme suit : 18,4 milliards pour le trésor public, 5,6 milliards pour la LONAGUI et 3,5 Milliards pour la direction des Impôts). De quoi aiguiser les jalousies, voire les appétits…

D’ailleurs, parmi les 5,6 milliards que la LONAGUI, a reçu en 2018, 1, 8 milliards étaient censés être dépensés dans des actions sociales, reste à savoir si la LONAGUI en a fait l’usage approprié…

Depuis l’arrivée d’une nouvelle équipe de gestion en 2013 à PMU-WINIYA, il est vrai que les redevances pour l’Etat sont en progression spectaculaire chaque année.

Alors pourquoi vouloir casser un système qui fonctionne bien et qui profite déjà largement à l’Etat et à la paix sociale ? A quel jeu joue la LONAGUI ? Ne ferait-elle pas mieux de se concentrer sur son rôle de régulateur, comme c’est le cas dans la plupart des pays ? Quel engagement a été pris pour la sauvegarde des emplois ?

Une procédure juridique est en cours. PMU-WINIYA estime avoir un droit contractuel légitime au renouvellement, ou du moins à la renégociation de son contrat de 10 ans, signé à l’époque avec le ministère des Finances.

La LONAGUI, de son côté, estime avoir le droit de s’en frotter les mains et de récupérer le tout sous sa bannière sans autre forme de procès.

Le Ministère des Finances, tutelle financière de la Lonagui selon l’Article 1er du décret présidentiel D/2016/153/PRG/SGG du 26 mai 2016, a-t-il été consulté dans cette affaire ?

Ce qui est certain, c’est que les jeux de hasard sont une activité sensible, basée sur la confiance. Un changement brutal de cap, tel que le souhaite la LONAGUI, sera-t-il de nature à rassurer les fidèles parieurs ?

Une baisse des recettes, serait néfaste à l’écosystème dans son ensemble. Sans parler du travail titanesque de transfert de l’outil technique quasiment du jour au lendemain, en pleine saison pluvieuse (la LONAGUI a jeté son dévolu sur l’obscure société FLEXBET) …

Affaire à suivre…

 

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