Le N’KO, la solution africaine pour aller vers la science, la technique, la technologie à travers nos langues

Qu’est-ce que le N’ko?

Le N’ko est un système d’écriture phonétique conçu en Côte d’Ivoire le 14 Avril 1949 par le Savant Guinéen Soulemana Kanté né en 1922 à Kankan, précisément à Kolonni dans Soumankoyi (Haute Guinée, république de Guinée). Cet alphabet a été conçu pour la transcription phonologique des langues en générale et celle phono grammaticale des langues africaines en particulier.

Pour Hutchison John, linguiste américain de l’université de Harvard :  « l’écriture N’ko dépasse presque n’importe quelle orthographe latine donnée, non seulement du point de vue de sa fidélité à la langue représentée, sa structure et ses sons, mais aussi de la manière qu’elle est répandue et qu’elle se propage, et surtout quand on compare  la réussite, la variété, la fonctionnalité et la grandeur de son environnement lettré (fidélité à la langue, à la culture, à l’histoire, aux sciences, et aux vies et métiers des locuteurs).»

Pour le Dr Vydrine Valentin, linguiste russe au Département Mande de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO – Paris) : « le N’ko est non seulement un système d’écriture de type phonétique composé de 27 lettres pour la transcription phonétique et phono-grammaticale des langues africaines, mais aussi et surtout une philosophie africaine de l’innovation traditionaliste, un système d’éducation populaire développé par Solomana KANTE et ses héritiers intellectuels »

Le N’ko est donc un outil que tout le monde (scientifique, religieux, féticheur, penseur libre etc) peux l’utiliser à sa guise.

Tout comme les Europeens utilisent tous le latin pour transcrire leurs langues, vu que ces différentes langues sont du même racine; le N’ko est aussi l’alphabet pour toute l’Afrique pour la transcription de nos langues, vu que c’est le seul systeme d’écriture capable de transcrire convenablement toutes les langues sans exception. Cela se demontre par ceux-ci:

−Pour les langues guinéennes, il y a des manuels en Pular, Soussou, Kissi etc en N’ko.

De mon coté, je ne suis pas Kpèlèwoo, je ne comprends pas cette langue, mais je suis entrain de confectionner un manuel d’apprentissage du Kpèlèwoo à travers l’alphabet N’ko. Ainsi, pour quelqu’un qui sait lire et écrire en N’ko pourra apprendre la langue sans altération de quoi que se soit;

−Pour des langues africaines, au Mali, en dehors du Bambara transcrit en N’ko, des syllabaires N’ko pour le Soninké et le Tamasheq ont été utilisés dans l’alphabétisation avec succès. En Gambie, plusieurs livres de lecture et d’enseignements en langue Mandingo ont été élaborés par des professeurs N’ko de nationalité gambienne. En Guinée Bissau, l’alphabétisation en langue nationale Ballantant, transcrite en N’ko, a créé un engouement. En Mauritanie, en dépit de l’enseignement du N’ko à l’Université de Nouakchott, la langue nationale Kotokoly, transcrite en N’ko, fait actuellement l’objet d’une alphabétisation fonctionnelle ;

−Pour des langues étrangères, il y a des manuels d’apprentissage du Français, l’Anglais et l’Espagnol en N’ko.

Les différentes universités et instituts dans lesquels le N’ko est enseigné de nos jours sont entre autres:

L’Institut N’ko de Philadelphie (1998) ; L’Université de l’Oregon aux USA (2002) ; L’université du Caire en Egypte (2007) ; L’université de Fayettville en Floride aux USA (2003) ; L’Université de St Petersburg de Russie (2003) ; L’Université de Berkeley dans l’Etat de Californie (2004) ; L’Institut d’étude Islamique de Bamako (2005) ; L’Université de Madrid en Espagne (2008-2009) ; Université de Harvard (2012) ; Université de Kankan (2012) ; Université Kofi Annan de Guinée (2016).

Par ailleurs, la principale question que l’on  se pose est celle−ci: comment l’Africain peut maîtriser la science, la technique et la technologie?

Cette question est débattue à plusieurs reprise dans des  milieux scolaires et scientifiques, dans des grains et dans différentes débats interpersonnels. Dans la quasi réponse, la problématique de la langue nationale est occultée, soit volontairement ou involontairement. Or, aucune nation ne peux aspirer à un développement durable en mettant en marge sa ou ses langues.

La langue, elle est définie comme un système d’expression utilisée par un groupe de personnes. C’est à travers elle qu’une communauté ou un peuple transmet ses savoir faire et savoir être. C’est à travers elle également qu’on transmet les connaissances scientifiques, qu’elles soient à l’écrit ou à l’orale.

Etant donné que, par la nature des choses, il y a plusieurs groupes de personnes, donc de langues différentes selon l’espace et le temps, l’apprentissage scientifique sera alors différents selon les langues, mais le contenu reste le même. Car le résultat de 1+1 en Malinké sera le même en Anglais ou en Chinois; le résultat de HO2+CO2 en Suwahili sera le même en Portugais ou en Arabe etc. Donc, la science n’est pas lien à la langue, mais à la recherche.

La bonne compréhension et la bonne maîtrise de cette science ne peut se faire qu’à travers sa langue.

Des milliers des personnes sortent diplômées dans nos différentes universités en Afrique, mais combien maîtrise ce qu’ils ont appris pendant plus de 15 ans; il y a combien de scientifique parmi eux? Il y a combien d’innovateurs parmi eux? Il y a combien de créateurs parmi eux? Nous ne faisons qu’apprendre la langue des autres, mais pas la science. D’ailleurs, on ne maîtrise même pas ces langues qu’on a apprise pendant des décennies!

En effet, pour renverser la tendance, il faut enseigner nos langues à tous les niveaux (primaire, secondaire et universitaire) avec un système d’écriture adéquat. Car le latin ou d’autres système d’écriture ont montré leurs limites dans la transcription des langues africaines, notamment les langues phono grammaticales. Exemples concrets sur le Sousou et  Malinké :

-Soussou: 1. Yèkhè et Yèkhè ; 2. Yéléé et Yéléé.

-Malinké : 1. Bala et Bala; 2. Könö et Könö.

En voyant ces exemples, on a l’impression qu’ils se prononcent de la même manière, mais c’est tout le contraire puis qu’il y a des différences de tons et de signification.

Voici les différences:

-En Soussou: 1. Yèkhè=poisson et Yèkhè=Mouton ; 2. Yéléé= sourir et Yéléé= totem ou interdit.

-En Malinkém 1. Bala= le Balafon et Bala= le portepic; 2. Könö= ventre et Könö= oiseau.

Alors si on n’arrive pas à exprimer nos pensés à l’écrit, comment pourrons nous apprendre la science avec. Il faut donc un système d’écriture adéquat capable de transcrire convenablement nos langues. Et la seule alternative pour l’Afrique est le N’ko. Il est l’outil techniquement  incontestable qu’il nous faut pour la transcription de nos langues, afin de maîtriser la science, la technique et la technologie.

Par Ibrahima Loncebalitai Konaté

Sociologue, Ecrivain et Professeur N’ko, Activiste de la Société Civile Guinéenne.

Tel: 622198700/660664283

E-mail: loncebalitaik@gmail.com

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