Tenue d’un référendum constitutionnel en Guinée : l’annonce du président Alpha Condé qui met fin au suspense

Depuis quelques jours, le président Alpha Condé est aux Etats-Unis où il doit prendre part à la 74ème assemblée générale de l’Organisation des Nations unies. A New York, le numéro un guinéen a eu, le dimanche 22 septembre, une rencontre avec ses compatriotes vivant au pays de l’Oncle Sam. Il en a profité pour appeler ces derniers à se préparer pour les élections et le référendum en Guinée. « Je vous demande de vous organiser et de vous préparer pour le référendum et les élections. Ce qui veut dire que ceux qui n’ont pas leurs cartes d’électeur doivent commencer à se recenser.», a déclaré le chef de l’Etat guinéen à l’hôtel Manhattan devant la communauté guinéenne de New York, Philadelphie, Connecticut, New Jersey, Rode Island et Boston. Il a eu par ailleurs l’honneur de présider le Conseil d’administration de l’initiative des énergies renouvelables (AREI) au siège des Nations unies. Une structure que le président guinéen pilote depuis quelques années et qui vise essentiellement l’électrification du continent africain.

Pour tous les observateurs avertis de la scène politique guinéenne, avec cette annonce faite depuis New York, le professeur-président Alpha Condé met fin au suspense autour de la tenue d’un référendum constitutionnel en Guinée.

Depuis quelque temps en effet, le débat sur la nécessité ou non d’adopter une nouvelle constitution fait rage dans le pays.  Pour les partisans du pouvoir, il n’est pas admissible qu’on prenne le peuple en otage, pour quelque raison que ce soit.  Ils soutiennent qu’en huit ans et demi de gouvernance Alpha, bon nombre de  problèmes d’intérêt national ont été pris en compte ou en voie  de l’être : la construction des barrages hydroélectriques, des routes, des écoles, des hôpitaux, des hôtels de haut standing; la lutte contre la corruption ; la gratuité de la césarienne ; la réforme des forces de défense et de sécurité ; la création d’emplois pour les jeunes ; l’autonomisation des femmes ; le renforcement de la démocratie et des droits de l’homme. A leurs yeux, l’actuelle Constitution guinéenne, bien qu’elle ait eu le mérite d’avoir contribué à tirer le pays d’une période d’instabilité politique sans précédent et à mettre en place les institutions républicaines, comporterait beaucoup d’insuffisances. C’est pourquoi, ils  demandent, avec insistance et conviction,  au Président de la République de doter le pays d’une Loi fondamentale votée par référendum par le peuple souverain avant la fin de son mandat.

Ce qui, on le sait, n’est pas du goût des membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC, une plateforme composée d’opposants politiques et d’activistes de la société civile) qui croient dur comme fer que le président de la République, Pr. Alpha Condé, ambitionne de prolonger son bail au palais Sékhoutouréya, au terme de son second et dernier mandat constitutionnel.

D’où la nécessité d’organiser, dans les formes et les conditions prévues par la loi, un référendum constitutionnel transparent, pour départager les deux camps. Une démarche qui aura l’avantage de mettre notre pays à l’abri des soubresauts inutiles et d’une instabilité qui ferait fuir les potentiels investisseurs.

A noter qu’avant de se rendre aux Etats-Unis, le président Alpha Condé avait instruit son Premier ministre d’initier des consultations nationales autour de sujets d’intérêt national, dont le changement constitutionnel. Des consultations qui sont en cours à la Primature.

IBRAHIMA  SORY  CISSE

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