Un consensus peut être un accord politique entre des partis politiques dont les vues sont différentes à propos d’une ou de plusieurs questions en vue de rapprocher les positions des unes et des autres de dépasser leurs différends, d’adopter une position commune qui les arrangerait toutes sans qu’aucune d’entre elles ne se sente vaincue. C’est ce qui survient lorsqu’on arrive à une impasse et que l’intérêt général se trouve menacé. Donc cette solution qu’impose les circonstances du moment dans une phase de transition démocratique comme celle que connaît la Guinée, a le mérite de faire éviter le pays des crises si elles ne sont pas résolues à temps risquent de s’accentuer et d’exploser à tout moment, auquel cas personne ne serait épargnée.Mais ce consensus politique qui demeure un principe pratique efficace pour résoudre des situations conflictuelles, ne peut et ne doit-être transposer dans le champ théorique de la démocratie sans lui ôter son âme. Adopter une telle pratique en politique c’est dénaturer les exigences fondatrices de la démocratie, car la démocratie originellement c’est le pouvoir ou gouvernement assuré par le peuple. C’est le gouvernement de tous pour tous. Et faire appel d’un consensus politique dans un contentieux électoral demeure une négation pure et simple de la démocratie. On ne peut pas continuer à gérer des situations et régler des différends émergent entre les protagonistes par un consensus politique. Dans un contentieux électoral, Il n’y a pas de place possible pour le consensus politique, à moins qu’on veuille supprimer les élections. Car les questions litigieuses liées à la phase électorale doivent être tranchées par les urnes et pas autrement. Il s’agit là de deux processus différents qui ne peuvent fonctionner ensemble.
Baldé Aissatou Cherif, Politologue, Hambourg

