Manifestations à Kankan : que font les hauts cadres ressortissants autour du chef de l’Etat ?
Ce mardi 7 juillet 2020, des manifestants étaient encore dans les rues de Kankan, la cité de l’érudit Cheick Fantamady Chérif, pour que leurs revendications, par rapport à la desserte en courant électrique, soient prises en compte par les autorités compétentes dans les meilleurs délais.
Face à une situation qui se complexifie au fil des jours et des semaines, les hauts cadres ressortissants de Kankan qui sont avec le chef de l’Etat (députés, ministres, secrétaires généraux, chefs de cabinet, directeurs nationaux, etc.) devraient, sans se faire prier, prendre les devants en effectuant le déplacement pour calmer les esprits et faire comprendre à leurs frères et sœurs que le président Alpha Condé a beaucoup fait pour eux ces dix dernières années. Les nombreuses
infrastructures construites ou rénovées à la faveur de la fête tournante de l’indépendance ont largement contribué à changer positivement la physionomie de la commune urbaine de Kankan. Parmi ces infrastructures, l’on peut citer entre autres : les gares routières, les salles de classe, les marchés, les blocs administratifs, les commissariats de police, les postes de gendarmerie, les palais de justice, les maisons d’arrêt, les places publiques. Sans oublier le bitumage de la voirie urbaine.
Les hauts cadres ressortissants de Kankan, plus ou moins proches du palais Sékhoutouréya, ont là une occasion à saisir pour prouver qu’ils restent loyaux et déterminés à mouiller le maillot pour le président Alpha Condé et son
gouvernement. Une forte délégation composée essentiellement de ces hauts cadres aurait dû être aujourd’hui à Kankan. Mais y envoyer des personnes peu influentes, que l’on pourrait considérer comme des seconds couteaux ou des lampistes, n’amènera pas les manifestants à mettre de l’eau dans leur vin.
Pour beaucoup d’observateurs, cette crise énergétique aurait pu être réglée depuis longtemps si les différents ministres qui se sont succédé à la tête du département de l’Energie avaient été à la hauteur en gérant judicieusement les montants colossaux investis dans le secteur. Le président Alpha Condé a reconnu, de bonne foi, avoir investi, depuis son avènement au pouvoir, plus de 3 milliards de dollars américains avec l’espoir de résoudre
une bonne fois pour toutes le problème de courant dans notre pays. Mais hélas, la Guinée continue d’enregistrer des émeutes de courant aussi bien dans la capitale que dans certaines villes de l’intérieur. Le barrage Kaléta a été construit. Le barrage Souapiti est en construction. Les jeunes de Kankan réclament eux aussi la construction d’un barrage hydroélectrique dans leur région, comme c’est le cas dans les autres régions du pays.
Pour les partisans du pouvoir, derrière ces manifestations à Kankan, il y aurait plutôt une main noire, celle de certains partis politiques membres du Front national pour la défense de la constitution (FNDC) et de personnalités originaires de la préfecture qui ne seraient plus dans l’esprit du professeur Alpha Condé.
Ibrahima Sory CISSE

