Préparatifs de la présidentielle 2020 : le réveil risque d’être brutal et douloureux pour l’opposition
Les observateurs avertis de la scène politique guinéenne s’accordent à dire qu’à l’allure où vont les choses, le réveil risque d’être à la fois brutal et particulièrement douloureux pour l’opposition guinéenne, que feu Jean Marie Doré, en son temps, avait qualifiée d’opposition la plus bête d’Afrique. Les élections et les années se suivent en effet en Guinée sans que Cellou Dalein Diallo et ses camarades de l’opposition ne tirent sereinement les leçons de leurs échecs et de leurs erreurs politiques.
Il faut rappeler que c’est sur fonds propres que le gouvernement guinéen a organisé le double scrutin du 22 Mars pour non seulement renouveler le mandat des députés à l’assemblée nationale mais aussi pour doter le pays d’une nouvelle constitution adaptée aux réalités du pays. Sur instruction du président de la République, chef de l’Etat, le Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a eu d’abord à mener des consultations nationales autour de ces sujets d’intérêt national. Mais pour des raisons qui leur sont propres, le FNDC et l’aile dure de l’opposition politique n’ont pas voulu y répondre favorablement. Pendant que le processus battait son plein, les commissaires de la CENI issus des rangs de l’opposition ont unilatéralement suspendu leur participation aux travaux de l’institution chargée d’organiser des élections en Guinée. Et lorsque les promoteurs de la nouvelle constitution (Mouvance présidentielle) ont demandé, de bonne foi, un dialogue franc, sincère et dépassionné, les opposants (FNDC) ont opposé une fin de non recevoir. Et quand il a été question de déposer des listes de candidatures à la députation, pour des élections inclusives, l’opposition a préféré bouder. Ce qui n’a pas empêché les Guinéens, dans leur majorité, de se rendre aux urnes le 22 mars 2020 pour le double scrutin législatif et référendaire, avec la suite que l’on sait. Le ‘’oui’’ l’a largement emporté au référendum.
Les regards sont tournés désormais vers l’organisation de la prochaine élection présidentielle. La CENI, l’organe de gestion des élections, a proposé la date du 18 octobre 2020 pour la tenue du premier tour de ladite présidentielle. Il n’en a pas fallu davantage pour que les farouches opposants au président Alpha Condé sortent l’artillerie lourde pour commencer à pilonner littéralement et sans retenue la CENI et son nouveau président (Kabinet CISSE), dont le seul ‘’crime’’ est d’avoir agi en toute indépendance, conformément à nos textes de lois.
Le vendredi 3 juillet, dans la perspective de la présidentielle de 2020, la CENI a organisé la toute première réunion du CIP (Comité inter-parties). Une réunion qui a été boudée par cette opposition radicale incarnée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UFR de Sidya Touré.
La CEDEAO, l’organisation sous-régionale, a annoncé entre-temps avoir apporté une assistance financière de 500.000 USD à la Guinée, dans le cadre des préparatifs de l’élection présidentielle de cette année. Une assistance qui devrait faire réfléchir Cellou Dalein et Cie avant qu’il ne soit trop tard. La politique de la chaise vide ou du boycott n’a jamais payé et ne payera jamais dans le combat politique. A méditer…
Mohamed Diallo


