ÉLECTION FGF : ANTONIO SOUARÉ PRÔNE LE « MOI OU RIEN »

L’ancien président de la Fédération Guinéenne de Football et actuel président du Conseil d’Administration du Horoya AC, Antonio Souaré, était ce jeudi sur la chaîne ivoirienne La 3.
Durant son interview, Antonio Souaré s’est déclaré candidat à la prochaine élection à la FGF, à condition d’être choisi par le président de la République. Il a insisté sur la nécessité d’une intervention du PRG pour être désigné comme le candidat idéal à la présidence du football guinéen. Une sortie qui montre que Monsieur Souaré n’a pas le soutien de ses pairs du football et qu’il ne peut espérer gagner la prochaine élection s’il n’est pas imposé par la présidence de la République.
En lançant cet appel sur une chaîne étrangère, Antonio Souaré expose le président de la République et affaiblit un processus électoral qui se veut transparent. Il commet une fuite en avant, car les statuts de la FGF, tout comme ceux de la FIFA et de la CAF, interdisent toute ingérence du politique. Antonio Souaré donne ainsi à l’opinion nationale et internationale l’image d’une Guinée où la règle n’est pas respectée; une mauvaise image pour la République de Guinée et pour son président, son Excellence Mamadi Doumbouya, qui ne s’est jamais mêlé du processus électoral dans le monde du football et qui n’en a d’ailleurs pas besoin, faisant confiance à ce processus dans un esprit de transparence.
L’autre aspect de cette communication ratée est qu’elle montre, aux yeux du monde entier, qu’Antonio Souaré est l’un des principaux problèmes de notre football. Selon lui, si ce n’est pas lui qui préside la fédération, rien ne fonctionnera jamais. Il se présente comme l’homme providentiel du football guinéen, ce qui ne correspond pas à la réalité. Ce « moi ou rien » que prône Monsieur Souaré doit être banni du langage footballistique en Guinée. Et dans les faits, Antonio Souaré, c’est :
1-L’homme qui a voté contre le Maroc, partenaire historique et stratégique de la Guinée. Alors qu’il avait été désigné ambassadeur de la candidature marocaine à la coupe du monde 2026, il a finalement voté contre le Royaume lors du scrutin d’attribution, provoquant un incident diplomatique avec le premier pays à accorder autant de bourses à la Guinée et qui est resté aux côtés du pays pendant l’épidémie du virus Ebola.
2-L’humiliation de la Guinée à l’international, à travers le retrait des médailles obtenues par les cadets en 2019 en Tanzanie et la suspension pour deux éditions de CAN, sacrifiant ainsi la carrière de deux générations de jeunes footballeurs guinéens.
3-Antonio Souaré affirme que depuis qu’il a quitté la tête de la FGF, on ne joue plus la coupe nationale. Pourtant, il a oublié de dire que la coupe nationale s’est toujours jouée et s’est arrêtée pour la première fois de notre histoire sous sa présidence en 2019, soit deux ans seulement après son arrivée. Durant les deux dernières années de sa présidence, il n’a pu jouer cette coupe de la souveraineté nationale.
Vouloir remettre Antonio Souaré à la tête de la FGF, c’est prendre le risque de recréer les querelles et la gabegie financière qui ont marqué le football guinéen, tout en lui permettant de redresser une santé financière aujourd’hui déclinante.
Par FATOUMATA BAH LYON

